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Les prisonniers au Venezuela sauvés par le rugby

Juil 30, 2014 238 Vues Mathilde F. 0 Commentaires
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Le Venezuela est un pays où la violence est très présente et pour la contrecarrer, le pays a mis en place un projet en 2003 appelé Alcatraz qui permet aux anciens criminels de se réintégrer à la société en travaillant et en jouant au rugby.

Côté classement, ce n’est pas le meilleur pays au monde au rugby et il est loin de concurrencer les grandes nations puisqu’il est classé 65e sur 102 nations par l’international Rugby Board. Côté emploi, le taux de chômage s’élève à 8% ( meilleur que la France qui est à 10,4%). Alors les dirigeants ont eu l’idée de lier rugby et le travail pour permettre de ramener le calme et la sérénité dans le pays.

Quand le projet démarre en 2003, le pays est au bord de l’implosion et son taux de chômage est de 12,8%. Une attaque qui changera le cours de l’avenir dans ce pays se produit alors. José Arrieta, chef du gang de La Placita, accompagné de deux acolytes s’en prennent au dépôt d’armes de l’hacienda Santa Teresa qui est la plus grande fabrique de rhum du pays mais ils ne réussiront pas à s’en sortir et se feront arrêter.

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C’est là que le changement survient, le propriétaire de l’hacienda Alberto Vollmer ne demande pas immédiatement la prison, il leur donne le choix travailler gratuitement pour lui pendant trois mois en échange du gîte et du couvert ou être emprisonné. Ils choisiront alors le travail. Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, le propriétaire demande au chef de gang si d’autres seraient partant pour venir travailler.

Le lendemain, ils ne viendront pas seulement à trois mais seront 22 comme le nombre de joueurs de rugby inscrits sur une feuille de match à l’époque. C’est alors que le patron de Santa Teresa décide de reprendre en main cette bande de voyous. Il lui vient en tête, une idée surprenante, pendant trois mois, ces malfrats travailleront à la montagne loin des violences urbaines et dans un second temps, il les initiera au rugby, un sport que Vollmer avait découvert peu de temps avant en France.

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Mais ce n’est pas la fin de l’histoire :

Un gang rival El Cementerio voyant l’occasion de prendre de l’ampleur se propose pour rejoindre le groupe déjà en place. Leurs intentions sont loin d’être louable, ils pensent qu’en intégrant l’équipe ils pourront faire d’une pierre deux coups en cambriolant l’hacienda et en se débarrassant d’un gang rival.

Mais c’était sans compter sur l’intrépidité et les ressources de Vollmer qui encore une fois retournera la situation en obligeant les deux clans à prendre le temps de discuter sans armes. Les tensions apaisées, il réussit à convaincre le deuxième gang de s’investir pour de bon dans le projet. Bientôt les deux bandes rivales se réconcilient et 35 hommes s’ajoutent à ceux déjà dans la partie.

C’est sur cette base que prendra forme le projet Alcatraz permettant d’aider les prisonniers à trouver un emploi et aussi à canaliser leur énergie dans le sport. Ainsi en 11 ans, c’est 10% de chômage en moins pour le Venezuela en utilisant cette méthode. Alberto Vollmer expliquera a Libération son sentiment :

« Le rugby est un sport d’équipe et eux, ils ont l’habitude de travailler en groupe, en bande. Ils ont beaucoup de violence en eux et ce sport leur permet de la canaliser intelligemment. Il y a dans le rugby tout un système de valeurs et de règles complexes auxquels ils doivent s’adapter et qui leur apporte les cadres dont ils ont besoin ».

La criminalité a beaucoup baissé depuis :

Peu de temps après trois nouveaux gang demande à rejoindre le projet qui prend son nom à ce moment-là : Alcatraz du nom de la célèbre prison de San Fransisco. Le mot d’ordre :

     « La seule vraie prison, c’est celle que l’on se construit soi-même ».

Tout d’abord, les malfrats sont formés, travail à la montagne et rugby (les garçons et les filles y sont admis dès 5 ans). Puis certains d’entre eux bénéficient d’un travail rémunéré au sein de la fabrique de rhum pendant deux ans et d’autres peuvent travailler dans d’autres secteurs. Le taux de criminalité diminuera de 40%.

Le club de rugby quand à lui se porte parfaitement bien, il est à la 3ème place du classement national à XV et compte 5 entraîneurs et 300 joueurs de 5 à 15 ans. Sur leur maillot les joueurs affichent une inscription qui témoigne de leur reconversion : « zéro violence ».

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