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Azerbaïdjan : Les Jeux européens se joueront dans un pays extrêmement répressif

Mar 4, 2015 276 Vues Mathilde F. 0 Commentaires

Du 12 au 28 juin 2015 se dérouleront les premiers Jeux européens à Bako, capitale de l’Azerbaïdjan, un pays du Caucase positionné sur la ligne de frontière entre l’Europe et l’Asie. Tous les 4 ans, une compétition sera organisée, elle accueillera près de 6000  athlètes venant de 50 pays européens qui participeront à des épreuves variées (tir, tir à l’arc, judo, athlétisme, natation,gymnastique, boxe, escrime, etc…), onze d’entre elles offriront des places aux sportifs pour les Jeux olympiques de 2016.

Alors que le gouvernement local s’acharne à organiser la compétition soutenu par le comité olympique, la population vit sous les coups de la répression. Une politique dénoncée dans un communiqué diffusé ce matin par Amnesty International à 100 jours de la cérémonie d’ouverture. L’ONG rappelle au monde que le gouvernement d’Azerbaïdjan est responsable de menaces, de violences physiques et d’emprisonnement à l’égard de ceux qui n’approuvent pas la politique locale et s’y opposent. John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International s’est exprimé à ce sujet :

     « Personne ne doit être dupé par le faste et le prestige du spectacle que donne l’Azerbaïdjan sur le plan international pour se forger une réputation irréprochable et attirer les capitaux étrangers. Ses autorités figurent parmi les plus répressives d’Europe et seraient certainement sur le podium si des médailles étaient attribuées pour le nombre de militants et de défenseurs des droits humains derrière les barreaux ».

En juin 2014, le président Aliyev affirmait au Conseil de l’Europe que la liberté d’expression, d’association et de réunion était garantie en Azerbaïdjan. Il a sans doute omis d’expliquer le nombre en augmentation d’acte de harcèlement, d’intimidation et d’arrestations arbitraires (90 cas) visant directement les défenseurs des droits humains, les journalistes et les critiques du gouvernement azerbaïdjanais. L’ONG cite l’exemple de Leyla Yunus, militante des droits humains de 60 ans qui est emprisonné depuis juillet 2014 parce qu’elle a appelé au boycott des Jeux européens pour protester contre la politique du gouvernement. Depuis qu’elle est en prison, elle a été maltraitée et sa santé est en danger. Selon l’ONG, elle est innocente, les accusations ont été « forgées de toutes pièces et motivées par des considérations politiques ».

Les journalistes sont réprimés surtout ceux qui enquêtent sur le gouvernement d’Azerbaïdjan. Khadija Ismayilova est journaliste d’investigation récompensée pour son travail, le 5 décembre 2014 elle est arrêté sous « l’inculpation farfelue d’incitation au suicide d’une ancienne collègue ». Quelques temps avant son arrestation, elle avait publié une liste de prisonniers politiques et enquêtait sur la famille du président d’Azerbaïdjan et un projet de construction lucratif à Bakou. Elle est toujours en prison à l’heure qu’il est ainsi que d’autres habitants qui ne font qu’exprimer leur pensée.

     « Les yeux rivés sur les pétrodollars de l’Azerbaïdjan, la communauté internationale est remarquablement silencieuse au sujet des tactiques répressives de ce pays et de ses violations des droits humains. Cette attitude inconsidérée fait énormément de tort à ceux qui languissent actuellement derrière les barreaux », d’après John Dalhuisen.

L’ONG réclame l’attention de la communauté internationale et appelle le gouvernement d’Azerbaïdjan a libéré les prisonniers d’opinions et a enquêté sur les actes de maltraitances perpétrés sur les détenus.

     « L’organisation les engage également à cesser de menacer et de poursuivre en justice des personnes qui n’ont fait qu’exercer leur liberté d’expression et d’associations ».

Source : Amnesty International/Crédit photo : Créative commons

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