10:04 - samedi décembre 3, 2016

Décès de Manoel de Oliveira : un siècle de cinéma à lui tout seul !

Avr 2, 2015 218 Vues Eric F. 0 Commentaires
Manuel_de_Oliveira_répondant_à_Antonio_Tabucchi_(2008.07.03)-Romanceor

Le réalisateur portugais Manoel de Oliveira, né à Porto, dans une famille cossue (dont le père était cinéphile), en 1908, nous a quittés aujourd’hui à l’âge de 106 ans ! Une espérance de vie (il était un sportif accompli avant de se mettre en 1931 dans les starting-blocks de la réalisation) que beaucoup pourraient lui envier mais inlassablement consacrée au septième art qui perd son doyen ô combien prolifique (la quantité n’étant pas incompatible avec la qualité) à la filmographie ayant majoritairement pour cadre d’inspiration, sa ville natale dont il est le plus fidèle féal !

Il débute sa carrière en 1931 avec un documentaire au format court. Son premier long-métrage viendra plus de 10 ans plus tard, en 1942, et s’intitule Aniki Bobo : c’est une émouvante évocation des enfants des quartiers populaires de Porto. Notons qu’il a été également figurant mais que c’est la caméra (la première était un cadeau de son père) qui l’attirait le plus. Son activité se raréfie sous l’Estado Novo (1933-1974), régime autoritaire, avec pour figure de proue Salazar : trois films, sortis à un rythme irrégulier, où à la lumière de Zola (on pense au naturalisme), il dépeint la société portugaise !

La Révolution des Oeillets, marquant le retour de la démocratie dans son pays en 1974, joue le rôle d’un véritable détonateur, et à partir des années 1980, sa boulimie de tourner atteint son summum, avec en moyenne un film par an ! Il signe notamment Francisca (1981), Le Soulier de satin (adaptation à la durée hallucinante -235 minutes- de la pièce de Paul Claudel, en 1985) ou encore Les Cannibales, qui lui vaut d’être pour la première fois dans la sélection officielle à Cannes en 1988 ! Trois autres opus cinématographiques suivront le même chemin doré, faisant de lui un habitué de La Croisette, qui lui remettra, consécration ultime, une palme d’or pour l’ensemble de sa production dithyrambique en 2008 (année de son centenaire) !

Crédits Photo : Creative Commons wikipedia auteur Roman Bonnefoy

l’Article a été lu [post_view time= »day »] fois aujourd’hui et lu [post_view] fois au total.

Vos réactions

Filed in