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Travailler sans compter multiplierait les risques d’AVC !

Août 22, 2015 6308 Vues Eric F. 0 Commentaires
Crédits Photo : Pixabay
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Le travail et la santé forment un couple qui a aussi ses prises de tête. La médecine tout autant que la chanson entonnée par Henri Salvador sont là pour nous le rappeler. Ainsi, un AVC (abréviation scientifique désignant un accident vasculaire cérébral) peut vous surprendre à n’importe quel moment (la mort n’est pas systématique mais des séquelles à vie sont presque inévitables chez 75% des personnes touchées). Les AVC peuvent résulter de l’obstruction d’un vaisseau sanguin par un caillot, réduisant l’irrigation sanguine dans une zone cérébrale. On parle alors d’accident vasculaire cérébral ischémique (8 cas sur 10). La rupture d’un vaisseau, entraînant une hémorragie cérébrale, est beaucoup plus rare. On parle dans ce cas d’accident vasculaire cérébral hémorragique. Ces symptômes en cascade vous guettent si vos exigences professionnelles vous accaparent plus de 55 heures par semaine. Vous aurez alors la déveine d’augmenter de 33% le risque de développer un AVC et de 13% une maladie des coronaires par rapport à une personne ayant le privilège d’avoir une plage de travail restreinte de 35 à 40 heures hebdomadaires. Si la statistique n’est heureusement pas systématique, elle est à prendre cependant très au sérieux.

Une étude d’une envergure inédite a été publiée dans la prestigieuse revue britannique TheLancet.com : 603 838 cobayes humains, issus d’Europe, des Etats-Unis et d’Australie y ont participé et lui ont donné, outre une portée universelle, une crédibilité aux failles quasi-inexistantes. Sa longue durée (7 à 8 ans) et le choix exclusif de sujets dépourvus de maladies cardio-vasculaires au moment du lancement de l’étude ont permis aux scientifiques d’en arriver aux conclusions suivantes : lorsqu’on travaille entre 35 et 40 heures par semaine, le risque d’AVC s’élève seulement à 4,5/1 000. Mais si l’on travaille plus, il augmente de façon fulgurante. 10% jusqu’à 48 heures, 27% jusqu’à 54 heures et 33% de risques supplémentaires au-delà de 55 heures comme nous l’avions déjà indiqué plus haut. Les AVC s’ajoutant au stress inhérent à son poste occupé et à une sédentarité excessive imposée par des travaux de bureau sont nocifs pour l’appareil cardio-vasculaire. La pratique d’une activité physique régulière est fortement recommandée par le corps médical depuis des lustres ainsi qu’une alimentation autant et aussi souvent que possible saine et équilibrée : nous ne pouvons que vous conseiller de suivre ces deux conseils et les effets bénéfiques sur votre santé seront visibles très rapidement.

La France a la réputation d’être un pays de cocagne et cela est confirmée avec sa 9ème place au rang des pays où l’on travaille plus de 50 heures hebdomadaires. Cela n’est pas une entrave absolue aux AVC cependant avec 130 000 nouveaux cas recensés chaque année. Parmi les états membres de l’OCDE, la Turquie est de loin en tête avec une proportion considérable de 43% de salariés travaillant plus de 50 heures hebdomadaires alors que les Pays-Bas ferment la marche en frôlant timidement la  barre des 1%. Un AVC agit toujours sournoisement avec peu de signes avant-coureurs alors que nous tirons sans relâche sur la corde du boulot que l’on croit tenir au mieux mais qui un mauvais jour se rompt. La gravité de l’AVC dépend de la zone touchée dans le cerveau. Il est urgent de composer le 15 dès que les symptômes de l’AVC surviennent pour que la victime soit très rapidement prise en charge. Chaque minute qui passe peut être vitale. L’irrigation sanguine du cerveau défaille ainsi que son alimentation en oxygène de même. C’est une catastrophe pour nos neurones (60 secondes qui s’envolent, ce sont 2 millions de neurones détruits) ainsi qu’une menace pour notre vie (le risque d’une crise cardiaque de surcroît est à ne pas négliger).

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