Vianney

12 juin 2017, Montréal, Québec. Le soleil cogne fort depuis le début de la semaine sur la cité. Tellement fort que l’air est lourd et dense. Quelques minutes en extérieur suffisent à vous rendre dégoulinant de sueur. Et pourtant qu’il fait bon de sentir le soleil sur son visage.

La ville est en émoi, elle vient de célébrer son anniversaire et la fête bat son plein. Dans le quartier des spectacles, les Francofolies rassemblent. Les rues y sont pavées de scènes, de terrasses bondées, de stands pour acheter à manger (de la poutine ?), de spectateurs de tous les âges, de tous les horizons, rassemblés pour profiter des scènes gratuites et de l’effervescence qui se dégage du moment.

Il est 19 heures lorsque Vianney débarque sur la scène Bell, la plus grande des scènes gratuites du festival. Le frenchy a su se créer une place de choix dans le cœur des québécois en une petite année. Il le confie lui-même « La dernière fois que je suis venu, je jouais sur une toute petite scène, la scène Sirius. » Ce temps là est bien révolu. Devant lui une foule dense, compact se presse au plus près de la scène. Tout devant, une festivalière agite un ballon sur lequel elle a inscrit quelques mots d’amour à direction de Vianney. En polo rouge, et sourire aux lèvres, le charmant chanteur n’a pas froid aux yeux.

Seul sur scène avec pour seule arme sa guitare acoustique, Vianney fait des merveilles. Un premier « check » en début de set permet de juger du nombre de festivaliers présents « Vous pouvez me faire un « hooo » que je puisse savoir combien vous êtes ? ». La même requête à nouveau posée en fin de concert permet en une seconde à peine de se rendre compte que le chanteur a su draguer les foules. Une bonne analogie de la carrière du petit prodige.

A ses débuts, Vianney débarquait avec le marquant « Pas là ». Certains y ont vu du génie, d’autres plus réticents pensaient à un chanteur aux paroles faciles. Un coup d’œil à son premier concert parisien au Café de la Danse aura suffit à faire mentir n’importe lequel de ses détracteurs. Sur scène, on découvrait un chanteur au répondant et à la sympathie scénique évidents. Les traits d’humour étaient là, la guitare tenait la route, les morceaux étaient efficaces sans être faciles. Il y avait fort à parier qu’on assistait aux premiers pas d’un grand nom de la chanson, du type dont on écoutera encore les singles dans les décennies à venir. A peine deux petites années plus tard, Vianney confirme ses promesses. En live, sa voix se sublime, ses riffs se font joyeux. L’audience est captivée. Rapidement, le show devient une fête, tout le monde danse, chante, répond aux injonctions d’un chanteur qui n’a de cesse de rappeler son plaisir à être au Québec.

Vianney
Le chanteur Vianney aux Francofolies de Montréal / Photo Julia Escudero ©Actu-Mag.fr

Pendant que la guitare donne l’ordre de danser, de jeunes gens traversent la foule pour proposer des bières aux festivaliers,  certains découvrent le chanteur « Michel, tu connaissais? Il joue bien ! », d’autres allongés sur les pelouses chantent sous le soleil, d’autres encore chantent à tue-tête «  D-E-T-E-S-T-E- te détestes ! » connaissant les paroles de chaque titre par cœur. Les singles s’enchaînent, « Pas là », « Je te déteste », « Je m’en vais » qui prend des airs plus joyeux en live (alors que tout le monde sait que c’est LA chanson la plus triste de l’année et que l’écouter donne envie de se mater l’intégral de « 13 Reasons Why » en boucle- sans exagérer, puis « Moi aimer toi » avant de conclure sur « On est bien comme ça » et c’est vrai on est bien comme ça. Tellement bien qu’on n’ a pas envie que ça s’arrête. Ça tombe bien Vianney accepte de revenir pour son rappel. « Vous m’avez cru ? Moi aussi je me suis cru ! »

Puisqu’on est au Québec, il propose d’interpréter un titre de Céline Dion mais « virile puisque c’est moi qu’il l’ai écrit pour elle. Les garçons tenez bon ! ». Celui qui n’avait pas promis de le chanter « aussi bien que Queen C. » convainc pourtant les foules. Un dernier au revoir et à demain, puisque Vianney ouvrira en salle, toujours pour les Francofolies en première partie de Vincent Delerme ce 13 juin !

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