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Les Misérables, film réalisé par Ladj Ly est sorti le 20 novembre

Les Misérables

Affiche des Misérables / Capture

De quoi s’agit-il ?

Il relate l’histoire d’un jeune baqueux qui intègre la Brigade anti-criminalité de Montfermeil dans le 93. Nous découvrons à travers le regard de cet homme, la situation de jeunes banlieusards et leur rapport aux forces de l’ordre. Si c’est à travers lui qu’est abordé le film, c’est sans doute pour nous montrer ce regard neuf et non endurci d’un jeune policier qui se retrouve dans une cité sous haute tension. Ce procédé narratif justifie que l’on nous explique les codes, les us et coutumes de ce quartier. Nous sommes pour ainsi dire promenés dans un Montfermeil sur lequel ils doivent avoir le contrôle en permanence. 

Très vite on remarque l’attitude déconcertante de l’un des baqueux qui semble être enragé, toujours sur le point d’outrepasser les limites. On voit les jeunes enfants victimes d’un ennui mortifère qui, poussés par l’esprit de groupe, commettent des délits mineurs (ou majeurs), entrainant des représailles où ils sont parfois violemment brutalisés. Cependant, contrairement à de nombreux films traitant de la banlieue, celui-ci n’admet pas une vision manichéenne de cette société.

Si on est heurté par la violence des policiers, nous sommes également forcés de comprendre comment ils en sont arrivés à commettre de telles bavures. Précisons que comprendre n’est en aucun cas synonyme de justifier. Le manque de moyens, d’effectifs, de cohésion et d’écoute des baqueux les desservent. Malgré la violence verbale ou physique, le film laisse également la place à des moments de rire et de joie. 

Comment le réalisateur laisse-t-il son libre arbitre au spectateur ?

De même ce film nous montre qu’il est difficile de faire régner l’ordre dans ces lieux contrôlés par les citoyens eux-mêmes, dont l’intérêt personnel prévaut sur le communauté. Ainsi le spectateur baisse les armes et délaisse sa colère à l’égard des forces de l’ordre ou des jeunes. Il n’est plus question ici de choisir un camp, de blâmer la violence des uns ou des autres. Nous comprenons qu’il s’agit d’un effet papillon, la colère de l’un engendre la haine de l’autre qui se manifeste par un passage à l’acte avec ses conséquences. Par la proposition d’une fin alternative, le spectateur est livré à lui-même, incapable de désigner un coupable et une victime, car il est face à deux victimes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce film mérite d’être vu pour la belle prestation des acteurs et cette véritable immersion durant un temps dans la vie d’un baqueux et d’un jeune garçon de Montfermeil. Cela nous invite à repenser nos convictions parfois trop tranchées. 

Et ne pourrait-on pas voir dans ce film une dimension plus générale ? Celle de l’origine de tous les conflits, de toutes les guerres qui souvent naissent d’un malentendu, d’une injustice, d’une colère et du besoin de l’exprimer ?

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