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L’aide-soignante béninoise menacée d’expulsion a finalement obtenu un permis de travail

Illustration d'un médecin / Pixabay


Deux ministres, touchés par son histoire, sont intervenus afin qu’elle puisse rester en France.

L’histoire de Lydia Veyrat Guinnou, jeune béninoise dont le mari français est décédé l’année passée avait ému l’Isère puis la France entière. Malgré son investissement sans faille dans son travail d’aide-soignante, elle avait reçu une « obligation de quitter le territoire français » au motif qu’elle n’est pas suffisamment intégrée dans la société française.

Vivant avec son mari au Bénin jusqu’en 2019, ils étaient tous deux venus vivre en France pour lui permettre d’être soigné dans de meilleures conditions. Malgré son décès prématuré, sa femme a décidé de rester en France afin de régler la succession. Infirmière dans son pays, elle cherche alors du travail le temps que les démarches administratives soient terminées. Elle travaille ainsi comme aide-soignante depuis plus d’un an dans un EPHAD où elle est très appréciée de ses collègues. Tout se complique quand elle reçoit ce refus de la préfecture de renouveler son titre de séjour, malgré une intégration manifeste à la société française.

« C’est une fille formidable. Aujourd’hui, on manque de soignants. Surtout en période de Covid. On a besoin d’elle. Les résidents ont besoin d’elle. Elle est toujours là, elle ne compte pas ses heures. Elle a pris des risques pour sa santé, pour soigner les résidents. S’il le faut, on manifestera pour qu’elle reste sur le territoire français. On la soutiendra jusqu’au bout » témoigne une autre aide-soignante interrogée par RTL.

En effet, lors du premier confinement, le travail s’est fait toujours plus intense pour le personnel médical. Elle a ainsi touché la prime de 1 000€ versée par l’État, comme tous ses collègues. La jeune femme a vécu cette situation comme très injuste, d’autant plus qu’elle venait de signer un CDI.

Mais la médiatisation de sa situation lui a permis d’atteindre les plus hauts sommets de l’État. Le ministre de la santé, Olivier Véran, avait été très « touché » par cette histoire. Il a donc annoncé ce vendredi dans un communiqué de presse commun avec Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de la Citoyenneté :

« Soucieux de reconnaître l’engagement de celles et ceux qui participent au combat contre le covid, et compte tenu du travail assuré par Mme Guinnou dans un Ehpad, les ministres ont tenu à étudier ensemble son dossier. Ils ont décidé après examen approfondi et en relation avec le préfet de Savoie de proposer à Mme Guinnou un titre de séjour afin de lui permettre de rester en France et d’exercer son métier d’aide-soignante. »

La préfecture de Savoie devrait dès aujourd’hui prendre contact avec Lydia Veyrat Guinnou afin de formaliser cette décision.

Par Léa Meira

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