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Cinquième jour du procès Lelandais. L’accusé doit-être interrogé sur sa version des faits

Nordahl Lelandais / Capture BFMTV

Le quatrième jour du procès de Nordahl Lelandais pour le meurtre d’Arthur Noyer a été marqué par des interrogations sur les circonstances de la mort du caporal. Et par les bouleversants témoignages de la famille du caporal tué par N.Lelandais. Pour ce cinquième jour de procès, la vérité est très attendue à propos de ce meurtre.


Entre cohérence et incohérence

Alors que le président François-Xavier Manteaux expose son objectif de la séance du jour, comprendre si tout est cohérent ou si il y a des éléments d’incohérence, celui-ci revient sur les affirmations des anciennes compagnes de N.Lelandais ayant affirmées qu’il était un menteur pathologique et un garçon impulsif. Nordhal Lelandais relativise son comportement impulsif et ne comprend pas le sens du terme « menteur pathologique ». Le président revient sur les faits de la nuit du 11 au 12 avril 2017 et Lelandais confirme l’ensemble des dires mais nie avoir tué Arthur Noyer : « Un assassinat je sais ce que c’est et Arthur Noyer je n’ai jamais voulu le tuer. Tous les jours on parlait de moi à la télé, tout sortait dans la presse et c’était déformé. C’était compliqué de dire que j’avais tué un homme ». À la suite de quoi, le président revient sur les appels de Lelandais, le soir du meurtre, vers des jeunes filles et jeunes hommes pour avoir une relation sexuelle, la bagarre avec Arthur sur le parking, mais Lelandais minimise les faits. Un peu plus tard, le président fait lecture des différentes versions données par l’accusé, lors de ses garde-à-vues et de ses interrogatoires par le juge d’instruction afin de connaître quelle est la bonne version. Lelandais lui répond : « J’ai mis du temps à venir à la vérité. Cela s’est fait par étapes ». Il avoue tout de même avoir menti à propos de la blessure qu’Arthur Noyer lui aurait faite à l’arcade sourcilière. Le président ne manque pas de demander à Lelandais ce qu’il a fait pendant deux heures après la mort d’Arthur. L’accusé avoue avoir roulé sur des petites routes, puis des petits chemins pour voir où déposer le corps. Il était dans un état de panique.

Une vérité en demi-teinte

Aux interrogations du magistrat, sur les jours qui ont suivi la mort d’A.Noyer, Lelandais avoue avoir été dans le déni. Selon le président de la cour, la ligne de défense utilisée par Nordhal Lelandais est semblable à celle exposée dans le meurtre de la petite Maëlys : coups donnés sans intention de donner la mort, le portable éteint, le corps de la victime transporté dans le coffre de sa voiture et déposé dans un lieu secret. À cela, l’accusé affirme avoir tout gâché et voudrais revenir en arrière. Il avoue avoir été un drogué, possédé un poing américain à l’âge de 18 ans, mais sa rencontre avec Arthur n’avait pas pour but d’obtenir une relation sexuelle avec le jeune homme. Maître Boulloud revient sur les dires de Lelandais à propos de l’affaire Maëlys et de la destination vers laquelle il a emmené A.Noyer, mais l’accusé reste dans un flou assez confus. Le portable de Lelandais a borné sur les lieux du crime, ce dernier s’en étonne et dit ne pas être retourné vers le ravin. Malgré tout, l’avocat de la défense avoue que maintenant la version de Lelandais est cohérente, mais a-t-il compris que la procureur et la partie civile ne le croit pas ? Mais N.Lelandais assène « Ce que j’ai dit c’est ce qui s’est passé. ». L’accusé campe sur sa version des faits.

Quatre heures d’interrogatoire pour rien

Trente ans de réclusion pour le meurtre d’Arthur Noyer, l’accusé n’a pas livré d’éléments nouveaux, ce jour, devant la cour d’assises de la Savoie. Il eut été vain d’espérer obtenir au procès les aveux qui n’ont jamais été entendus pendant des années d’instruction d’autant que l’accusé avait bien verrouillé ces moments d’échange avec son avocat. Ce jour, vendredi 7 mai, N.Lelandais a été questionné durant quatre heures sur le déroulement de la nuit du 11 au 12 avril 2017, durant laquelle il a tué le caporal Arthur Noyer, mais rien de nouveau que des aveux approximatifs et qui n’incriminent pas l’ex maître-chien. Mis face à ses incohérences par le président de la cour, l’avocat de la famille Noyer et la procureur général, N.Lelandais est resté de marbre, se contentant d’affirmer qu’il n’avait pas tué la victime.

L’audience s’achève à 16h30 pour cette cinquième journée de procès. Elle reprendra lundi à 9h00 avec l’audition d’experts psychologues. La journée de mardi sera consacrée aux plaidoiries des parties civiles et de la défense ainsi qu’au réquisitoire de l’avocat général.

Le verdict est attendu mercredi prochain.

Par Bruno Deslot

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