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Le procès d’Assa Traoré en diffamation s’est terminé aujourd’hui

Assa Traoré / Capture Youtube HuffPost

Poursuivie pour diffamation, Assa Traoré, tête de file du mouvement « La Vérité Pour Adama », a pu monter à la tribune pour y dénoncer le racisme et la criminalisation des victimes. Les grands absents de ce procès sont les trois plaignants, les gendarmes accusés d’avoir tué Adama Traoré en 2016.


Assa Traoré est devenue l’emblème d’un mouvement malgré elle. A la mort de son petit frère Adama Traoré en 2016, elle devient la figure de proue du mouvement baptisé en son honneur « La Vérité Pour Adama ». Depuis le 6 mai 2021, le mouvement suit le déroulé d’un procès au Tribunal de Grande Instance de Paris avec grande insistance. Assa Traoré a en effet été poursuivie pour diffamation par les trois gendarmes qu’elle a accusé de la mort de son petit frère.

Assa T a été mis en cause par les gendarmes suite à une tribune publiée sur les réseaux sociaux par son mouvement. Nommé « J’accuse », la référence au fameux texte d’Émile Zola et criante comme le rappelle Melty. Dans ce texte, Assa Traoré dénonce tous les rouages de la justice et des forces de l’ordre qui auraient entravé le bon fonctionnement de la justice. Publié trois ans après le décès de son frère, les trois gendarmes accusés par la tribune ont porté plainte en octobre 2019.

C’est donc pour ces faits que le Tribunal de Grande Instance de Paris se penche sur cette affaire. A la barre, la défense a fait intervenir plusieurs militants et membres du mouvement. Samir Baaloudj Elyes, un ex militant du Mouvement de l’Immigration de la Banlieue, a notamment pu s’exprimer. Il a voulu « témoigner et apporter une expérience sur les mensonges de la police sur les 50 dernières années ».

L’avocat d’Assa Traoré, Yassine Bouzron, a quant à lui cherché a dénoncé la « criminalisation de la victime » comme le rappelle Marianne. « Systématiquement, quand on tue un jeune de quartier, on assiste à cette machine qui protège les forces de l’ordre et à l’AFP qui diffuse leurs mensonges » a asséné l’avocat.

De son côté, Assa Traoré a elle aussi pu s’exprimer. Après un léger malaise avant l’audience ce vendredi 7 mai, elle a pu monter à la barre. La militante ne regrette en aucun cas sa tribune. Elle souligne plutôt le manque de sérieux des enquêtes dédiées à la mort de son frère. « Si la justice française avait investigué, je n’aurais pas été obligée d’écrire ce texte » assume-t-elle.

Du côté des plaignants, les avocats ont tenté de recentrer les débats sur le sujet de ce procès : la diffamation. L’avocat de deux des gendarmes, Rodolphe Bosselut, a réclamé « Le retrait de la tribune, la publication d’un communiqué judiciaire et des dommages et intérêts ». Il est même allé plus loin dans ses paroles « En quoi donner le nom des gendarmes permet d’aboutir à la vérité ? En quoi jeter en pâture change quoi que ce soit à cette quête de vérité ? » avant de poursuivre « Madame Traoré n’est pas satisfaite par l’information judiciaire et veut lui substituer une vérité médiatique, la sienne ». Comme le rapporte Boursorama, l’avocat a même pointé du doigt une animosité personnelle de l’autrice du texte envers ces clients.

Ce procès sous haute tension va être scruté de toute part. L’audience, qui a commencé le 6 mai, connaîtra la décision du juge à une date ultérieure. En février, les gendarmes avaient obtenu une condamnation d’Assa Traoré par la cour d’appel de Paris, devant laquelle ils l’attaquaient pour « atteinte à la présomption d’innocence ».

Par Émilie Autin

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