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Détournement d’un avion par la Biélorussie : l’Europe ferme son espace aérien

Ce 24 mai, les dirigeants de l’Union européenne poursuivent leurs actions en réponse aux agissements du président Alexandre Loukachenko. Ils ont décidé de fermer leurs espaces aériens à la Biélorussie et d’adopter un nouvel ensemble de sanctions contre le régime.


Pour rappel, dimanche 23 mai un avion de la compagnie Ryanair a été détourné par la Biélorussie en prétextant une alerte à la bombe. L’appareil qui reliait Athènes à Vilnius a été dérouté vers Minsk.

Roman Protassevitch un journaliste opposant au régime, ancien rédacteur en chef du média d’opposition Nexta et sa compagne Sofia Sapéga qui se trouvaient à bord du Boeing ont été arrêtés à l’aéroport. Le jeune homme de 26 ans est désormais détenu à Minsk. Sa libération a immédiatement été exigée par l’Union européenne. Ce mardi, ce sont les États-Unis, l’Organisation des Nations Unies et le premier ministre britannique qui appellent à sa « libération immédiate ».

Michael O’Leary, PDG de Ryanair parle d’un acte de « piraterie » .

L’Union européenne vient de donner ses dernières recommandations qui sont de contourner l’espace aérien du pays et vient d’adopter de nouvelles sanctions contre le régime biélorusse, selon Charles Michel, le porte parole du Conseil européen. L’UE a inscrit 88 membres du régime sur sa liste noire dont le président Alexandre Loukachenko.

C’est donc dans ce contexte que ce mardi, la compagnie Air France a annoncé qu’elle suspendait « jusqu’à nouvel ordre » le survol du pays par ses appareils.

D’autres compagnies comme Singapore Airlines, KLM et Finnair ont annoncé avoir modifié la trajectoire de leurs vols pour éviter la Biélorussie. Lufthansa, Scandinave SAS et Lettone AirBaltic avaient déjà annoncé la même décision lundi.

Chaque semaine, ce sont près de 2000 appareils qui survolent la Biélorussie selon l’organisation Eurocontrol. Et chaque jour, la compagnie biélorusse Belavia assure une vingtaine de vols au départ ou à destination de l’Union européenne.

« Le régime a transformé notre pays en Corée du Nord au milieu de lEurope », a dénoncé Svetlana Tikhanovskaïa.

D’après les informations données par Svetlana Tikhanovskaïa, figure de l’opposition biélorusse exilée en Lituanie, Roman Protassevitch risque la « peine de mort ». La Biélorussie est le dernier pays d’Europe à l’appliquer.

Elle s’est entretenue avec le conseillé américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan et a appelé sur les réseaux sociaux les Etats-Unis à faire pression sur le régime. Elle appelle également à ce que le G7, qui doit se tenir en juin au Royaume-Uni, fasse participer les forces démocratiques biélorusses et tente de résoudre la crise en Biélorussie.

Emmanuel Macron s’est dit favorable à ce que les forces démocratiques biélorusses soient invitées au G7, information relayée par Svetlana Tikhanovskaïa sur son compte Twitter.

Des explications qui « ne sont absolument pas crédibles » selon Angela Merkel.

Ce sont des condamnations venant du monde entier qui s’enchaînent depuis deux jours. Les dirigeant européens parlent d’un détournement « qui a porté atteinte à la sécurité aérienne ». Plusieurs capitales sont même allées jusqu’à parler de « terrorisme d’état ».

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord demande une « enquête internationale » et parle d’un « accident grave et dangereux ».

L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), a convoqué une réunion d’urgence. L’atterrissage forcé pourrait être selon elle « une violation de la convention de Chicago », qui protège la souveraineté de l’espace aérien des nations. En réponse aux appels internationaux des derniers jours la Biélorussie invite des experts d’organisations internationales à venir établir les « circonstances » du détournement de l’avion et se dit disposée à coopérer à une enquête impartiale.

Le département biélorusse chargé de l’aérien au Ministère des transport à déclaré avoir invité des représentants de l’Association internationale du transport aérien et de l’OACI, qui est un organisme dépendant des Nations Unies, des autorités américaines et de l’Union européenne. La Biélorussie dit avoir agit en toute légalité après avoir reçu une menace de l’Organisation palestinienne du Hamas.

Sept autres opposants ont régimes ont été condamnés à des peines de prison ce mardi, selon des journalistes présents à l’audience en contact avec l’Agence France-Presse. Pavel Severinets, le dirigeant d’un parti d’opposition, et six autres militants  ont été jugés  pour avoir participé à ce qui a été qualifié de « troubles massifs », en référence au vaste mouvement de contestation postélectoral de 2020.

Alexandre Loukachenko ne semble pas cesser de renforcer la répression dans son pays malgré la pression et les sanctions européennes et américaines.

Par Marion Hauptmann

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