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Lyon : trois mois de prison avec sursis pour deux frères qui avaient le sens de la fête

Palais de Justice Historique de Lyon / Photo - Fred Romero - CC BY 2.0

Sur les quais de Saône de Lyon, le 30 mars dernier, près de 300 personnes s’étaient rassemblées pour se livrer à une fête sauvage, sans porter de masque et sans respecter les gestes barrières.


Arthur et Léo M. ,deux frères demeurant à Lyon, à la tête de l’association nommée « Ex. Terre », avaient appelé à un « apéritif sonore » depuis le compte Instagram de l’association. Elle avait été créée six mois auparavant et était destinée à promouvoir la création musicale. Le mot d’ordre de la fête, posté sur Instagram dans l’après-midi : « On espère vous voir nombreux à venir profiter des dernières lueurs du jour avec nous » comme le rappelle Le Point. Cet appel avait fait l’effet d’une traînée de poudre. En moins de deux heures, 300 personnes se sont rassemblées en bas des quais de la pêcherie pour boire, danser, pendant plus de deux heures, mais sans masque ! L’espace d’un moment, les arrêtés préfectoraux interdisant la consommation d’alcool sur la voie publique et les rassemblements de plus de six personnes sont demeurés lettre morte.

Quelques jours après ce moment grisant, le tribunal correctionnel de Lyon a commencé à juger l’affaire puis rendre son verdict : trois mois de prison avec sursis et 300 euros d’amende ont été prononcés à l’encontre de Léo et Arthur, deux frères âgés respectivement de 23 et 27 ans poursuivis pour avoir organisé la « fête sauvage » des quais de Saône, le 30 mars 2021. Les juges ont aussi prononcé 1.500 d’euros d’amende contre l’association « Ex. Terre ».

Une peine jugée trop sévère

Maître Mélanie Sanzari, l’avocate des deux prévenus, n’a pas manqué de manifester sa déception, souligne de son côté le 20 Minutes. « À mon sens, c’est une peine bien trop sévère au regard des peines prononcées dans d’autres villes et au regard de la personnalité de mes clients ». Maître Sanzari a rappelé le besoin de ses clients de retrouver un moment d’insouciance dans un contexte particulièrement délétère. L’avocate n’a pas défendu des rebelles ! L’un suit des études en master « qualité, hygiène, sécurité, environnement ». L’autre, titulaire d’un CAP de cuisine, est actuellement en formation pour devenir régisseur de spectacle.

« J’avais vingt-ans, je caressais le temps »

Une jeunesse à bout de souffle, privée de vie sociale depuis un an. À la barre, Arthur et Léo font profil bas en avouant « s’être laissés dépassés par les événements ». De quoi faire bondir l’avocate générale, décrivant « une forme de provocation à l’autorité » en recourant aux réseaux sociaux pour organiser une fête sauvage et en clamant haut et fort : « Le confinement, on s’en fout. Le couvre-feu, aussi ».

Maître Sanzari n’a pas manqué d’enchaîner : « Ils n’avaient pas de réelles intentions de braver l’interdit, ni de faire un pied de nez à l’autorité. Il n’y a aucune revendication de leur part. C’était juste pour retrouver un semblant de normalité, un instant de vie… ».

Cet instant de vie aura permis à la justice de donner l’exemple et aux deux frères « rebelles » de ranger leurs gourdes.

Par Bruno Deslot

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